Les Nîmois en mission humanitaire à Porto Rico

lun. 26/03/2018

Dix étudiants sont partis dans les Grandes Antilles pour aider une communauté touchée par l'Ouragan Maria

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Pour la deuxième année consécutive, des élèves en première année de CPGE PCSI viennent en aide à une population défavorisée. Logés par des familles aisées de l'île, ils ne perdent néanmoins pas de vue leur objectif premier : le don de soi, l'ouverture et l'adaptation.
Des étudiants de l'ISEN Nîmes viennent en aide à une population défavorisée. Des étudiants de l'ISEN Nîmes viennent en aide à une population défavorisée.

D'ordinaire, lorsque de jeunes Français s’envolent vers une île paradisiaque, c'est pour participer à une émission de téléréalité comme "Les Marseillais en Australie". Mais à l'ISEN, c'est différent. Dix étudiants nîmois de la classe prépa PCSI sont partis en voyage humanitaire à Porto Rico dans les Grandes Antilles, pendant leurs vacances d'hiver, pour venir en aide à la communauté défavorisée Los Naranjos. 

Installée à 50 km de la capitale San Juan, la population a subi de plein fouet l'Ouragan Maria, en octobre dernier. Six mois après, l'électricité n'est toujours pas revenue, l'école est décrépite et l'aire de jeux pour enfants a littéralement été soufflée. Déjà très amoindris lors du précédent Ouragan Irma en 2017, les familles de locaux accusent le coup. "Contrairement à l'année dernière, on ne les a pas beaucoup vus. Ils savaient qu'on était là mais leur moral était au plus bas", regrette François Mahou, professeur de chimie en classe prépa à Nîmes. 

"Confrontrer differemment les étudiants au travail d'ingénieur"

Chaque jour, en minibus, la délégation française empruntait une petite route escarpée pour se rendre à Vega Baja où elle passait la journée à travailler sur le chantier de l'école. "On a enlevé tous les débris, décapé les mûrs, refait les cadres des fenêtres et la peinture", détaille Noémie Lancien, étudiante en 1ère année de classe prépa PCSI, à Nîmes. Une aire de jeux a également été réaménagée avec les moyens du bord. En récupérant des pneus usagés qu'ils ont customisés à la peinture, les élèves ont apporté de la couleur et de la joie.  Des panneaux solaires ont été installés sur le toit de la cuisine de l'école pour pallier le manque d'électricité qui touche la population depuis près de 6 mois. Noémie reconnaît "que le travail était très physique". "Ils ont vraiment joué le jeu du travail humanitaire. Ils étaient très motivés et se sont ouverts en parlant systématiquement anglais ou espagnol", poursuit François Mahou visiblement fier de l’implication de ses élèves. 

Pour l’ISEN, ce voyage revêt plusieurs objectifs pédagogiques. D’abord, il entre dans le cadre d’un stage associatif que les étudiants doivent réaliser en première année. Et contribue à l'expérience à l’international, obligatoire dans leur cursus. "C’est très intéressant de les confronter différemment au métier d’ingénieur qui consiste à "faire fonctionner les choses", analyse Alain Loussert, directeur du campus de Nîmes. "Et puis cela les fait progresser en langues étrangères et les ouvre à la multiculturalité !"

Un séjour humanitaire studieux où les cours de prépa sont travaillés tous les matins

Agés de 18-19 ans, les étudiants nîmois ont non seulement dû s’adapter à un nouvel environnement mais aussi à deux langues étrangères et à deux milieux sociaux différents. Sur l’île, les classes moyennes sont inexistantes. Soit les habitants sont très pauvres, comme la communauté Los Naranjos qu’ils ont aidée, soit ils sont riches voire très riches, comme les familles dans lesquelles ils étaient accueillies. Osciller entre misère et confort n'est pas toujours évident mais les jeuns futurs ingénieurs se sont très vite adaptés. Julien Robert, en 1ère année de prépa PCSI concède néanmoins "ne pas avoir eu assez de contact avec la population" mais se sent "valorisé d’avoir fait quelque chose qui sert". Très empathique, il s’est rendu compte dans ce voyage d’une réalité à laquelle il ne s’était jamais confrontée. "Quand on voit qu’ils n’ont toujours pas l’électricité et qu’ils n’ont pas grand-chose, on se rend compte que l’on n’a pas tous la même chance", médite-t-il.

À journée éprouvante, récompense alléchante. Logés par des familles aisées portoricaines à Dorado, à 30 km de la capitale, les apprentis humanitaires profitaient le soir de toutes les commodités et partaient en excursions le week-end. Au programme visite d’une grotte, ballade en catamaran sur une île paradisiaque, découverte de San Juan, sans oublier l’incontournable après-midi shopping. "Il y avait une super ambiance, ils étaient très accueillants", remémore Julien. Des propos confirmés par leur enseignant encadrant : "Les échanges avec les élèves du lycée Tasis étaient très riches. Nos élèves ont noué des relations très fortes", notamment le week-end lorsqu’ils partaient en excursion tous ensemble.

La quinzaine a été chargée en émotions et intense. Outre l'énergie déployée sur le chantier, il ne fallait pas oublier... les cours de Prépa. "On ne peut pas se permettre d'arrêter de bosser pendant quinze jours", prévient Julien avant de se rassurer lui-même. "Le voyage ne nous a pas mis en retard car nous allions à la bibliothèque du lycée, tous les jours, avant d'aller sur le chantier", raconte sérieusement Julien. Expériences humaines, échanges interculturels, découverte d'une île paradisiaque, apprentissage d'une langue étrangère... Tous les ingrédients pour revenir enchantés et avoir envie de repartir. "S’il y a une prochaine mission je partirai avec plaisir", s'exclame Noémie qui a beaucoup apprécié la mentalité et la générosité des Portoricains. 

L’organisation d’un nouveau voyage humanitaire est en cours. Une nouvelle destination est à l'étude et  il semblerait que le Vietnam voit accourir de jeunes Iseniens très bientôt…

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